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4ème groupe : réaction à l'amendement Accoyer


Rédigé le Mardi 6 Janvier 2004 à 00:00 | Lu 2394 commentaire(s) modifié le Jeudi 1 Janvier 1970



REACTION à l’AMENDEMENT ACCOYER PORTANT REGLEMENTATION DU STATUT DE PSYCHOTHERAPEUTE


Lyon, le 18 Novembre 2003

Guy Roger
Président du Quatrième Groupe
Organisation Psychanalytique de Langue Française

à

Monsieur Nicolas About
Président de la Commission des Affaires Sociales du Sénat

Monsieur le Sénateur,

Nous avons appris que l’amendement Accoyer (Titre III du Livre II, article L 3231) pourrait être prochainement proposé à la discussion et au vote des Sénateurs.

Cet amendement pourrait être, en l’état, préjudiciable à la formation, et, par suite, à la pratique psychanalytique. Aussi, nous tenons à vous faire part de nos observations à ce propos.

HISTORIQUE

Le souci légitime du législateur est depuis quelques années de protéger le public des dérives possibles, et éventuellement sectaires, de la psychothérapie.

Dans ce but, le gouvernement précédent, rejetant une première proposition du député Accoyer, a étudié la possibilité de créer un statut du psychothérapeute. Ce statut, réclamé par les Fédérations de psychothérapeutes regroupées à l’échelon européen, a donné lieu à un avant-projet.

Les conséquences prévisibles d’un tel statut du psychothérapeute, d’un point de vue sociétal et quant à la formation psychanalytique, ont entraîné un débat entre les psychanalystes. De très nombreuses Sociétés de psychanalyse se sont réunies en un « groupe de contact » afin d’examiner la situation. Ce « groupe de contact », toujours en activité, comporte les Sociétés suivantes :

Association Psychanalytique de France, Société Psychanalytique de Paris, Quatrième Groupe-O.P.L.F., Association Analyse Freudienne, Association Freudienne Internationale, Association pour une instance tierce des Psychanalystes, Centre de Recherche en Psychanalyse et Écritures, Le Cercle Freudien, Espace Analytique, Fondation Européenne pour la Psychanalyse, Société de Psychanalyse Freudienne.

À l’issue du débat, chacune des Sociétés a exprimé publiquement et aux instances concernées son refus catégorique du statut du psychothérapeute pour le grave préjudice qu’il aurait pu entraîner quant à la formation psychanalytique, sans avantage aucun pour la Santé publique.

Plusieurs associations de psychiatres et de psychologues ont également manifesté leur opposition radicale, et ces points de vue ont eu suffisamment de poids pour que le Ministère de Madame Guigou nous communique son abandon du projet.

AMENDEMENT ACCOYER

Mais c’est aujourd’hui aux conséquences de l’amendement Accoyer que réfléchissent les Sociétés de psychanalyse réunies en « groupe de contact »

Actuellement, il ne s’agit plus de créer un statut du psychothérapeute, mais une qualification à exercer légalement la psychothérapie. Cette qualification serait acquise sur la base d’une formation universitaire adéquate, médicale ou psychologique.

Or, la psychothérapie dite psychanalytique étant parmi les plus pratiquées en France, le législateur pourrait être tenté de vouloir en organiser une formation qualifiante sur le modèle universitaire pressenti pour les psychothérapies en général.

Il nous paraît donc nécessaire de vous communiquer les raisons de l’opposition du IV° Groupe, Organisation Psychanalytique de Langue Française, à cette visée, d’ores et déjà hélas soutenue par quelques rapports.

1. La « psychothérapie psychanalytique », loin d’être une discipline mineure, ne se distingue de la cure psychanalytique proprement dite que par le cadre aménagé, (face à face), qu’elle propose pour certaines pathologies ou certains patients. (enfants en particulier). En elle-même, la « psychothérapie psychanalytique » comporte donc les mêmes exigences éthiques et scientifiques que la cure psychanalytique. Elle relève dés lors d’une même formation, qui est la formation psychanalytique.

2. Cette formation psychanalytique repose avant tout sur l’expérience d’une psychanalyse personnelle. C’est là que le futur psychanalyste commence à faire l’épreuve critique du procédé psychanalytique, au regard de l’expérience personnelle qu’il en fait. Or, il n’est évidemment pas possible de « programmer » la durée de cette analyse, pas davantage que d’en anticiper la fin. Par suite, cette nécessaire psychanalyse personnelle ne peut donc s’inscrire dans le cadre d’un cursus universitaire

3. C’est à la suite de cette expérience personnelle que le futur analyste s’avance, dans le temps qui est le sien, dans un processus de formation théorico-clinique spécifique comprenant deux longues et rigoureuses analyses pratiquées sous le contrôle d’analystes chevronnés. . L’acquisition des connaissances nécessaires y est inséparable de l’élaboration subjective qui en permet l’appropriation personnelle. Pour cela, cette formation ne peut s’effectuer sur un mode scolaire ou universitaire, antinomique du rapport à la Connaissance que la psychanalyse est venue instaurer.

On comprend donc que la formation psychanalytique ne peut se dispenser à l’Université. On ne voit pas d’ailleurs comment et de quel droit un enseignant irait es qualité s’enquérir du trajet analytique personnel de ses étudiants avant que de les inscrire en formation. Et sachant en outre l’engagement que représente le travail analytique, on ne pourrait concevoir non plus que des « patients » soient rencontrés au titre de travaux dirigés pendant la durée d’un stage.

Tels sont, brièvement rappelés, quelques impératifs de la formation psychanalytique. Cette dernière est assurée depuis près d’un siècle par les Sociétés de psychanalyse. Elle requiert de leur part une position de neutralité et de confidentialité en harmonie avec la technique même de la psychanalyse. L’encadrement universitaire est incompatible avec cette formation et il ne saurait conduire qu’à une falsification très préjudiciable de la transmission de la psychanalyse.

AJOUT A L’AMENDEMENT ACCOYER

Aussi souhaitons-nous soumettre l’ajout suivant à l’amendement proposé par Bernard Accoyer :

La Psychanalyse, incluant ce qui est dénommé psychothérapie psychanalytique, relève de la seule responsabilité des associations psychanalytiques qui garantissent la formation et la qualification de leurs membres.

Dans l’attente qu’une délégation de notre Société Analytique, soit reçue par la Commission des Affaires Sociales du Sénat, nous vous prions, Monsieur le Sénateur, de recevoir nos respectueuses salutations.


Source : Site de la SPP


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