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Sellal, F. : Alzheimer : les espoirs de la recherche


Rédigé le Dimanche 9 Février 2014 à 02:06 | Lu 800 commentaire(s) modifié le Dimanche 9 Février 2014



Doctissimo : Quelles sont les causes de la maladie d'Alzheimer ?

Dr François Sellal : Pourquoi quelqu'un fait une maladie d'Alzheimer ? Très honnêtement on ne sait pas. En revanche, ce que l'on croit savoir un petit peu mieux, ce sont les mécanismes qui président aux lésions cérébrales et à la perte des cellules nerveuses qui sous-tendent les signes cliniques de la maladie.

On sait que d'un point de vue biochimique, moléculaire, il y a deux anomalies. Tout d'abord, la production en quantité anormalement importante d'une protéine appelée la protéine A bêta. Ensuite, l'accumulation dans les cellules nerveuses d'une protéine Tau phosphorylée qui aboutit à la mort neuronale.

On pense que le primum movens [la première impulsion] de la maladie c'est cette hyperproduction de protéine A bêta, qui se révèle d'ailleurs, lorsqu'elle est sous forme d'oligomères, très toxique pour les synapses et pour les neurones. D'où l'idée d'agir sur la protéine A Bêta, soit en empêchant sa formation, soit en l'évacuant.

Doctissimo : Comment agir sur cette protéine A Bêta ?

Dr François Sellal : Apparemment, il est plus facile de l'évacuer une fois qu'elle est constituée, en tout cas c'est le principe des vaccinations. Dans les essais de vaccination contre la maladie d'Alzheimer, on amène le sujet à fabriquer des anticorps qui vont détruire les protéines A Bêta : c'est la vaccination active. Il y a eu un essai pour le moment, qui a dû être arrêté malheureusement parce qu'il y a eu des réactions allergiques, mais avec quand même quelques résultats qui amènent à penser qu'on est peut-être capable d'enrayer l'évolution de la maladie d'Alzheimer.

Il y a actuellement un deuxième essai, d'immunisation passive : dans ce cas là, on injecte un anticorps monoclonal, qui est dirigé contre la protéine A Bêta. L'anticorps est fabriqué hors du corps du malade et on l'injecte, on fait plusieurs perfusions. Ce que l'on espère c'est évacuer la protéine A Bêta et donc arrêter l'évolution de la maladie. Il y a un essai de phase 3* qui est en cours, mais il est trop tôt pour dire ce qu'il va donner.

Doctissimo : Quelles sont les autres pistes de recherche ?

Dr François Sellal : L'autre approche est d'empêcher la formation de la protéine A Bêta en agissant sur le système enzymatique. Cette perspective de traitement repose sur des inhibiteurs de gamma secretase. Les gamma-secrétases sont des enzymes qui sont indispensables à la formation de la protéine A Bêta. Si l'on n'y est pas tellement arrivé jusqu'ici, c'est parce que les inhibiteurs que l'on avait, manquaient de spécificité et inhibaient d'autres systèmes enzymatiques vitaux. Là, on a actuellement à l'essai en phase 3*, un médicament qui semble bien toléré et dont on espère qu'il enraye l'évolution de la maladie.

Doctissimo : Pourra-t-on demain guérir la maladie d'Alzheimer ?

Dr François Sellal : Ce que je trouve rassurant d'une certaine façon dans la maladie d'Alzheimer, c'est que même si on ne connaît pas exactement la cause de cette maladie, on en comprend un peu mieux les mécanismes. On a actuellement plusieurs approches thérapeutiques très innovantes. On espère, je pense assez légitimement, que dans les dix années qui viennent, on aura des traitements susceptibles d'enrayer l'évolution de la maladie. Je dis bien enrayer, ce n'est pas encore empêcher complètement la maladie de commencer.

Propos recueillis par le Dr Jean-Philippe Rivière, le 10 octobre 2009

Source : Interview du Dr François Sellal, en marge de la conférence "Maladie d'Alzheimer, un enjeu médical, social et familial où chaque progrès compte…", rencontres ID Presse&Papiers, Lyon, 10 octobre 2009

* La tolérance et la dose optimale ayant été trouvé par les essais de phase 1 et 2, les essais de phase 3 sont menés pour comparer le traitement soit à un placebo, soit à un traitement de référence. Les groupes sont de taille importante, souvent plusieurs milliers de participants. Il s'agit de programmes extrêmement onéreux, payés par les compagnies pharmaceutiques. C'est théoriquement la dernière étape avant la demande d'autorisation de mise sur le marché.

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