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Comment nous t'avons vécu, Françoise


Rédigé le Lundi 17 Février 2014 à 01:24 | Lu 1778 commentaire(s) modifié le Lundi 17 Février 2014



Notre grande dame !
Notre grande dame !
Le 30 janvier, Françoise Caron est partie... La grande dame des psychologues.

Ce jour, la profession de psychologue a retenu son souffle. Un ange qui passe.
 

Il n’y aura pas assez de mots pour te rendre hommage.

Alors, quelques uns d'entre nous, sachant que tu ne voudrais pas que l'on parle de ton décès, tu trouverais que cela ne te ressemble pas..., avons voulu te dire comment nous t'avons vécu et comment aujourd'hui nous te portons en nous...

Ainsi, tu ne manqueras aucun évènement dans les changements de notre profession dont les premiers marches ont été construites aussi par toi...

 


Jean-Pierre CHARTIER : IN MÉMORIAM

J’ai connu Françoise en 1973. Elle dirigeait alors un GRETA de l’éducation nationale qui recevait des enseignants mal en point et surtout des élèves en panne de scolarité.

La même année, j’avais ouvert le premier service de soins et d’éducation spécialisée à domicile pour des jeunes marginaux et leurs  familles.

Je lui envoyais donc quelques-uns de ces adolescents (es) déscolarisés qu’elle aidait de son mieux.

Peu après, elle prit la direction d’un hôpital de jour créé avec Raymond CAHN dans le quatorzième arrondissement de Paris ….. Nous fîmes alors des échanges de population. 

Quand un jeune était trop remuant et trop agressif avec son équipe, elle me l’adressait. 

Quand « un des miens » me paraissait trop psychotique pour rester dans la nature et que son état nécessitait une hospitalisation de jour, elle me le prenait.


Puis, après son doctorat avec René KAES, elle entra dans l’enseignement de la psychologie à l’université d’Aix en Provence, poste qu’elle maintiendra jusqu’à sa retraite.

Nos relations furent plus épisodiques, mais constantes.


Françoise fut en permanence dans la défense et l’illustration de la profession de psychologue auprès des pouvoirs publics.

Ses responsabilités au sein du syndicat des psychologues, jusqu’à la direction de la commission « Universitaires et Praticiens », lui en fournirent moult occasions. Elle s’illustra par son pragmatisme et la fermeté de ses convictions, que je partage, pour l’avenir de nos métiers impossibles, comme aurait pu le dire Freud. …


Certes, cela lui valut aussi beaucoup d’inimitié, qui fut réciproque, car elle ne supportait pas les collègues jugés trop mous ou qui n’acceptaient pas les consignes du syndicat, favorable à la création d’un ordre et aujourd’hui d’un doctorat professionnel, sans parler de ceux qui ne songeaient qu’à leur carrière et à leur intérêt immédiat.


La cérémonie d’adieu dans une église du XIIème arrondissement fut particulièrement émouvante, en particulier au-delà de tous les témoignages, dont celui de Jacques Borgy, par l’attitude de son fils Grégoire.


Pour conclure, le décès de notre collègue et amie Françoise ne doit pas être pris pour une catastrophe irréparable pour notre profession mais comme le terreau d’où, je n’en doute pas, sortira une nouvelle génération de psychologues qui, inspirée par son exemple, seront les ferments de la révolution que nous attendons tous.


Bon courage


Jean-Pierre Chartier
 


Emmanuel GARCIN : Un engagement professionnel, social, syndical…  Un engagement humain !

La récente disparition de Françoise Caron, figure importante du Syndicat National des Psychologues (SNP), est l’occasion de rendre hommage aux psychologues qui ont estimé nécessaire de consacrer une partie de leur temps, de leur énergie et de leur talent à mettre sur les rails une profession qui ne relevait jusqu’alors que d’activités hors cadre. Il faut imaginer un temps où « faire de la psychologie » n’était pas exercer un métier, mais avoir une pratique dépourvue de définition légale et de cadre réglementaire. Heureuse époque penseraient d’aucuns. Mais en même temps, heure des choix pour ceux qui, attentifs aux enjeux, aspiraient à rendre possible une activité non réduite à l’application de techniques et différenciée de la sphère médicale. 

 

A l’époque, Françoise Caron, qui pouvait prétendre à une carrière et des métiers plus intégrés, choisit les études en psychologie. Rapidement repérée dans le milieu, elle est sollicitée pour assurer la direction d’un établissement accueillant des adolescents. Elle va aussitôt faire en sorte que la prise en charge psychologique en devienne le principe organisateur. Puis c’est l’université qui se tourne vers elle pour contribuer à la formation des futurs collègues. Aussi, après une thèse nourrie de son expérience professionnelle, devient-elle enseignante. 

 

Dans le même temps, à la suite des événements de Mai 1968, le professeur et psychanalyste Didier Anzieu, membre fondateur du SNP, est sollicité par Edgar Faure, ministre de l’Education Nationale, chargé de réconcilier la jeunesse avec le pays. Le « projet Anzieu », probablement trop ambitieux pour les mentalités de l’époque, est écarté au départ du Général de Gaulle. L’affaire sera pourtant reprise quelques années plus tard par six députés du parti socialiste, sans plus de succès. 

 

Impossible pour Françoise Caron, contemporaine de cette effervescence et qui a fait le choix de la psychologie par sens de l’engagement, de ne pas prendre part aux mouvements en cours dans la profession. Elle a continûment porté ces engagements. Et ces engagements l’ont portée puisque, jusqu’à la limite de ses forces, elle a œuvré en particulier au sein du SNP, pour garder le cap d’une profession dont elle était persuadée de son importance. 

 

L’aspect remarquable de cette existence professionnelle est d’avoir été psychologue, chef d’établissement, enseignante, membre du SNP au sein duquel elle a exercé quasiment toutes les responsabilités possibles… sans qu’aucun de ces aspects ne l’emporte ou ne fasse oublier les autres. Et son secret, qui toutefois sautait aux yeux : un sens de l’humain quoi qu’il arrive. 

 

Emmanuel Garcin

 


François GRUNSPAN : Une grande dame de la psychologie

En songeant à ces lignes et aux dix années durant lesquelles j’ai connu Françoise, j’ai été frappé de me rappeler ce que cette amitié avait eu d’improbable. Mais peut-être en est-il souvent ainsi dans les liens qui se tissent entre deux personnes.


Ma première rencontre avec elle date de 2002. Elle fut catastrophique. Je me trouvais à un colloque organisé par le SNP Ile de France, en tant que modérateur des débats. Place doublement délicate pour moi, d’une part par mon manque d’expérience de ce genre d’exercice, d’autre part par la virulence des interventions, tant à la tribune que dans la salle. Tandis donc que je tentais de mener mon rôle avec peu de bonheur, Françoise, depuis la salle, est intervenue sèchement, me coupant la parole et ne s’arrêtant qu’une fois ses arguments (nombreux) donnés. Ce à quoi la réponse des autres participants ne tarda pas à fuser, le tout devenant rapidement un joyeux bazar dans lequel j’étais complètement dépassé.


C’est peu dire qu’à l’issue de cette journée, j’avais une représentation peu amène de celle que je tenais comme principale responsable de mon « humiliation » publique.


Je me revois quelques années plus tard, à l’été, dans le jardin de sa maison d’Aix, alors accompagné de mon tout jeune fils. Nous avions parlé de la profession, bien sûr, mais aussi de l’éducation des enfants et de mille autres choses de la vie. Françoise parlait beaucoup, c’était son habitude, et ses conseils étaient précieux pour le jeune père que j’étais.


C’est par le biais du comité de rédaction de « Psychologues et Psychologies » que j’ai dépassé ma première impression. J’y ai découvert Françoise comme une personne qui, en ayant des positions extrêmement fermes, se battait au quotidien pour ses convictions professionnelles et humaines, et pour qui la profession de psychologue était un engagement militant de longue date. Ses colères y étaient aussi mémorables que la gentillesse dont elle faisait preuve. Françoise était pour moi autant celle qui s’emportait face au manque d’ambition de la profession – et de ses représentants syndicaux, dont je faisais alors partie -  que celle qui n’oubliait jamais de prendre des nouvelles de ma vie personnelle.


C’est également elle qui m’a invité à rejoindre la commission université du SNP. Malgré mon âge – j’étais le cadet des autres membres – et mon manque d’expérience – face à des universitaires et des praticiens chevronnés – elle avait fait confiance à mon désir de travailler et de penser les questions de la formation des psychologues et de l’articulation de la théorie et de la pratique. Lors des réunions de la commission, je me souviens, qu’avec son appui, j’avais toujours le sentiment d’être écouté. Beau revers de médaille de la rencontre initiale.


Un moment particulièrement fort fut le dossier pour la revue que nous avons coordonné ensemble et qui s’intitulait : « Quelle formation pour l’avenir des psychologues ». Le travail de recueil des textes et de correction fut éprouvant, mais le résultat tellement satisfaisant. Nous avions réussi à faire écrire dans une revue professionnelle des universitaires et des praticiens de renom, particulièrement sollicités par ailleurs. En regardant aujourd’hui le sommaire de ce dossier, j’éprouve toujours un sentiment plein d’une émotion joyeuse.


Déjà la question de l’allongement de la durée de la formation était devenue centrale. Les avis se partageaient alors entre un bac+6 ou un doctorat. Avec Françoise – et d’autres, bien sûr –  nous étions partisans de cette dernière option. Elle nous semblait être la plus propice à une reconnaissance politique et sociale du niveau de notre formation et des compétences des psychologues. Mais, également, nous partagions l’idée qu’il s’agissait pour les psychologues eux-mêmes d’une occasion d’être fiers de leur corps professionnel. Cette idée était récurrente chez Françoise. Pour preuve, ce texte qu’elle écrivait : « billet d’humeur. être psychologue… et fier(e) de l’être. »


Ceci me rappelle un de mes derniers souvenirs avec elle. Françoise avait quitté Aix et revivait désormais à Paris. Nous étions chez elle, dans son appartement près de Montparnasse. Au cours de notre discussion, revint le problème de l’identification des psychologues à leur profession et à la qualité de leur formation. Elle s’emportait alors et s’étonnait du fait que ce point, pour d’autres professions, ne faisait pas question. Et de prendre l’exemple des ingénieurs – qu’elle connaissait bien – dont les jeunes diplômés avaient une assurance et une connaissance de leur valeur professionnelle bien différente de celle des psychologues. Je ne pense pas me tromper en disant que Françoise espérait fortement qu’un jour les nouveaux titulaires d’un doctorat d’exercice en psychologie seraient, à leur tour, fiers d’appartenir à notre discipline et à notre corps d’exercice.


J’ignore évidemment si cela arrivera, mais dans cette hypothèse, les psychologues auront à se souvenir de Françoise comme de l’une des principales figures de ce progrès.


Pour tout cela, au terme de cette évocation de ce que furent mes liens avec elle, je peux confier être moi-même heureux et fier d’avoir eu la chance, en la rencontrant, de côtoyer une grande dame de la psychologie.
 

F. Grünspan.
 


Senja STIRN : Tu continues...

Je ne sais à quoi ressemblait notre première rencontre, elle était certainement fulgurante. Mais je sais ce qu’elle est devenue.
 

Il est difficile de décrire une personnalité par quelques mots, mais : tout d’abord, la « mama », à cela je n’ai pu jamais échapper. Elle me prenait toujours dans les bras à s’y fondre, avec une chaleur douce et puissante, je sens encore ce parfum...
Au fur et à mesure des années, qui avoisinent aujourd’hui une 15-aine, elle m’a toujours traité comme « la jeune » et j’ai bien voulu m’en émanciper, mais impossible ! C’était sa façon d’aimer, comme par ailleurs elle aimait tous les psychologues. C’était son moteur et c’est la chose la plus fondamentale qu’elle nous a transmis : s’aimer d’abord soi-même jusqu’à une certaine mesure et si l’on souhaite changer les choses ci-bas, dans notre profession, alors il faut non seulement se respecter et la respecter, mais il faut surtout l’aimer.

 

D’où aussi parfois des crises passionnelles, des emportements puissants, parfois des sorties Exit to the left, puis parfois un recueil calme et enveloppant...

Au niveau personnel, j'ai adoré nos tête à tête dans des petits restos parisiens. Nous partagions le goût de la découverte et de l'art culinaire bien ficelé. Par la même occasion, connaître des secrets amoureux... Rigolade, jeux, sérieux...

 

Nous étions généralement sur la même longueur d’ondes quant au devenir des psychologues. 

Elle a toujours été fidèle aux appels pour les réunions que le Réseau national des psychologues organisait pendant quelques années avec le SNP, la FFPP, le SIUERRP, la SFP... La première à braver l’interdit du SNP d’y participer. 

 

Notre premier désaccord portait au sur l’allongement de la durée de la formation des psychologues. Elle pensait au départ qu’il fallait construire un bac + 6, avec une année de stage. Je défendais le bac + 8. Elle me disait que jamais l’Enseignement supérieur accepterai... Des heureux à en débattre au téléphone. De nos discussions interminables, est alors né le dossier « Santé et psychologie » (2005), support de nos concertations au Ministère de la santé, avec le volet sur la formation. L’idée du bac + 8 est née...

Nous vous joignons ci-bas le texte de F. Caron et G. Fourcher de ce dossier...

 

En tant que professionnelle, Françoise est à l’image de ce que le futur psychologue devrait être : au départ, clinicienne pendant de longues années, puis enseignante... Elle a naturellement accomplie ce qui se fait dans de nombreux autres pays : être un clinicien-enseignant, un praticien-chercheur.

Mais aussi entreprenante, innovante, ambitieuse pour les psychologues, rêveuse, belle, fulgurante, sensuelle, esprit vif, intellectuelle... un peu comme le public s’imagine une psychologue ou la reine des fées.

 

Nous portons tous en toi ton regard bleu. Tu continues...

 

Comment nous t'avons vécu, Françoise

Prospective Formation des Psychologues de demain - Propositions et recommandations. Extrait du dossier Santé et Psychologie.

1 - Quelques rapports entre la formation, l'éthique et la déontologie

 

- Garantir une formation personnelle dirigée sur la propre personnalité du praticien et qui relève de l'intime et non de l'université lorsque le praticien exerce la psychothérapie, les suivis psychologiques, les consultations cliniques, lesquelles activités sont dans un même continuum ;

- Se fonder sur un titre unique concernant tous les psychologues susceptibles d’exercer dans tous les secteurs de la vie d’activité, de la naissance à la fin de la vie ;

- Maintenir la formation dans les UFR de psychologie Facultés des Lettres et des Sciences Humaines et développer, dans son autonomie disciplinaire, une formation respectueuse d’une double approche accordant une prévalence épistémologique et méthodologiques aux Humanités sur les sciences et les neurosciences ...

 

2 - Nécessité d'un rééquilibrage au regard de la situation sanitaire défavorable de la France

 

Si la France se distingue des autres pays par son taux de suicide élevé, par le recours massif de aux psychotropes par la population, par son moindre recours à l’aide psychothérapique, c’est parce que, contrairement aux autres pays européens, le Canada ..., elle ne répartit pas à leurs justes valeurs, entre la médecine et la psychologie, les moyens accordés à la recherche, à la formation et à l’exercice ...

- La disproportion de la rémunération entre praticiens hospitaliers et psychologues (grille des professeurs capétiens) ;

- Le coût de la formation des étudiants en psychologie est un des plus faible d’Europe, en avant–dernière place avant l’Espagne ;

- La France n’a même pas instauré un Centre de Recherches qui impulserait le développement cohérent de l’ensemble des sous-disciplines psychologiques.

 

3 - Nécessité d'une meilleure régulation du flux des étudiants, de l'organisation des stages et d'un doctorat d'exercice qui sanctionne une 6ème année de stage (Deuxième Master II)

 

3.1. La formation actuelle

 

Le cursus actuel (Bac+5), complété par un Doctorat d’exercice, tout en garantissant le titre unique, permettrait une harmonisation européenne, ainsi qu'une harmonisation du niveau d’exigence dans toutes les UFR du territoire national .

Actuellement, la formation fondamentale et appliquée de haut niveau en psychologie : 

* est une formation généraliste et pluridisciplinaire (psychologie clinique et pathologique, psychologie sociale, psychologie générale, psychologie cognitive, psychologie du développement et différentielle) complété d'un enseignement approfondi en psychophysiologie, en neurosciences comportementales (Faculté des Sciences), une initiation aux statistiques et de l'anglais ;

* forme aux méthodes et outils de la psychologie (la méthode expérimentale, l’observation individuelle et de groupe, la méthode de l’enquête par questionnaire, les techniques de l’entretien, les techniques du bilan psychologique de l’enfant et de l’adulte, et des tests projectifs, les données de l’expertise judiciaire ...

* est aussi une formation spécifique relative aux processus groupaux et institutionnels théoriques et appliquée : enseignements et expériences supervisées de groupe préparant les psychologues aux analyses des pratiques et supervisions d’équipes, animation de divers groupes thérapeutiques, de formation, audit institutionnels etc.;

* forme à l’Ethique, la Déontologie et les règles de l’organisation sociale et de l’organisation de la profession.

 

Elle est doublée de formation professionnelle sur le terrain dès la licence (80h) et en stages spécialisés en 4°et 5°année (annuels; M1 : 200h, M2: 400/500h) répondant aux impératifs suivants :

* des deux stages en milieu psychiatrique auprès des psychotiques, 1 en milieu hospitalier général ou en gérontologie/sanitaire/social/justice ; l'un en milieu infanto-juvénile, l'autre en milieu adulte.

* un mémoire de recherche en M1 et un mémoire professionnel en M2, soutenu devant un jury mixte d’universitaires et du praticien-maître de stage. 

 

3.2. La régulation tardive du flux d'étudiants

 

65000 étudiants sont inscrits dans tout le cursus et même envisagé d'une manière prospective, cela correspond mal aux exigences du métier et au marché de l ‘emploi français.

Le corps professionnel des psychologues français est d'environ 36000 et en 2002/2003, les universités d’Etat délivraient 3000 DESS. S’y ajoutent 300 COPSY et les diplômés des Ecoles Privées (EPP, IPSA – Angers –Lyon ).

C’est un nombre trop élevé au regard des budgets alloués même si la demande sociale nécessiterait d’augmenter le nombre de postes de psychologues. Seuls 40 à 45% des psychologues ont des emplois à plein temps; les autres, employés à temps très partiel, mettent deux à trois ans avant de gagner leur vie !

Quelle que soit la filière, la régulation des flux ou la sélection sont très tardives : elles n’ont lieu qu’à la fin de la quatrième année, soit à l’entrée des ex- DESS, donc les Master II actuels, de manière sévère : 1 admis sur 4.

 

3.3. Les formations complémentaires : l'équivalent d'un doctorat

 

Dans la filière clinique, les étudiants en fin de ce cursus, suivent des formations complémentaires (formation personnelle, au groupe, psychodrame, psychanalyse et psychothérapies, DU divers) sur une période de 5 à 10 ans, à leurs frais. Elles ne sont pas reconnues dans les rémunérations.

 

3.4. - La place des stages

 

Actuellement, l’encadrement des étudiants est double :

* Sur le lieu de stage, ils bénéficient d’un accompagnement par le maître de stage et d’une équipe institutionnelle auprès de laquelle ils s’engagent à travailler toute l’année.

* A l’université, ils sont tenus de participer à des groupes hebdomadaires (12 – 20 étudiants) d’élaboration des pratiques avec des enseignants–praticiens ou des praticiens, chargés de cours.

Ce travail aboutit à un rapport de stage validant ou non l’année.

 

RECOMMANDATIONS :

 

- La formation et les stages :

* Les deux premières années, développer des expériences de terrain diverses (école – centres aérés – centres sociaux …).

* Les stages ne peuvent être conduits que sous la seule responsabilité de psychologues–maîtres de stage.

* Créer un doctorat d'exercice sanctionnant une 6ème année de stage (Deuxième Master II), le stage étant à temps plein, en responsabilité et rémunéré, ponctué de séminaires d‘élaboration à l’université.

- Le flux ou la sélection des étudiants :

* Au plus tard en fin de Licence, à l’entrée en M1, suivant les critères fondés sur des expériences de stage et de réussite universitaire cumulés;

* Un complément indispensable : l'entretien de groupe avec un animateur praticien ou enseignant.

 

- La reconnaissance officielle de la fonction du maître de stage

* Correspondant à un statut de « chargé de professionnalisation », ayant au moins trois années d’expérience professionnelle, indemnisé par des heures de «charges de cours ».

* Participant à parité avec les enseignants à la validation des travaux de leurs stagiaires en vue de la délivrance du diplôme.

 

 

4. De nouveaux statuts : recommandations

 

4.1. – Un statut de Psychologue praticien–chercheur :

 

Conformément à la loi de 1985, la fonction de psychologue comporte un temps de recherche - signifié dans le décret statutaire de 1991 et par la circulaire d’application dans la rubrique FIR ( Formation – Information – Recherche ).

 

Recommandation : Parallèlement aux praticiens–chercheurs, il serait pertinent de créer, pour les psychologues, un statut de praticien PH.

 

4.2. - Un statut de praticien-enseignant-chercheur 

 

Devant les dérives actuelles dans le recrutement d’un certain nombre d’enseignants, nous rappelons la nécessité que les maîtres de conférences et professeurs de psychologie soient des praticiens– chercheurs de terrain, titulaires d’un Doctorat, et non seulement des chercheurs, tels que le CNU les qualifie .

 

C’est pourquoi, il serait possible d’envisager que les psychologues accédant à un nouveau statut, tel que les pharmaciens, aient un statut de praticien-enseignant– chercheur et, comme dans nombre de pays européens, assurent des activités en alternance en institution et à l’université.

 

 

*1 Extraits du texte élaboré par Françoise CARON & Gérard FOURCHER, figurant dans le dossier "Santé & Psychologie", préparé en vue de la rencontre du groupe de réflexion (RNP, SFP, SIUERPP, SNP & invités) avec Pr. Brunelle, Ministère de la santé (2005).



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